Située à l’Estaque dans une ancienne usine, la Déviation rassemble des espaces de recherches artistiques.

La Déviation tend à constituer un lieu d’échanges, de compétences et de savoirs, de rencontres et de créations. Un lieu où le temps et l’espace nous appartiennent. Nous invitons chaque artiste permanent ou accueilli à prendre part à l’organisation commune et à imaginer les évolutions possibles du projet. La Déviation tente de saisir l’impossible

COLLECTIVISATION

Nous travaillons à la Déviation contre une privatisation de l'espace. Ce pourrait être le contraire d'un co-working. Comment chacun peut devenir propriétaire d'usage de tous les outils de production de la Déviation ? Comment aucun espace n'est désigné à une personne, mais demeure utilisable par tout le monde ?

RECHERCHE

Nous défendons à la Déviation une recherche esthétique, c'est-à-dire des formes minoritaires, des formes qui tentent de creuser quelque chose de nouveau, des formes qui sont à la marge. Ce sont des formes artistiques qui cherche aller à l'encontre des formes dominantes du monde de l'art et de la Culture.

AMITIÉS

Nous essayons de construire à travers les rencontres des amitiés et alliances, car nous croyons qu'une résistance globale et la construction d'un monde nouveau ne pourra se faire sans camarades. Avec personne il n'est mieux possible de se disputer qu'avec des vrais amis.

DÉSIRS

Nous essayons à ce que La Déviation puisse répondre aux désirs individuels, qu'elle soit la possibilité d'une réalisation de l'impossible, toujours et à chaque fois de nouveau. Comment les désirs individuels peuvent-ils cheminer à travers la construction collective et la faire bouger, comment la construction collective peut être un terrain de libération et d'émancipation individuelle du désir et non une loi castratrice ?

Qui ? Nous sommes une équipe d’une trentaine de personne, rassemblées depuis quatre ans autour de la création d’un lieu alternatif à Marseille. Les membres sont pour la plupart issus d’études d’art (théâtre, cinéma, musique, arts plastiques, danse) mais aussi de bien d’autres univers (architecture, agriculture, anthropologie, etc.).

Quoi ? Après l’avoir loué, nous sommes devenus propriétaires au printemps 2019 d’une ancienne cimenterie à l’Estaque (210 Chemin de la Nerthe) où nous continuons à développer l’aménagement des espaces en lieu de vie, de travail et d’activités artistiques. L’espace de 1000m2 (sur une parcelle de 2000 m2) est réparti ainsi : guinguette, ateliers de plasticiens, salles et studio de répétition (musique, danse, théâtre), atelier de constructions, bureaux, dortoirs pour les artistes en résidences, poulaillers, potager et jardins.

Comment ? Nous sommes mus par les mêmes désirs d’émancipation vis-à-vis des institutions. Nous finançons donc nous-mêmes l’achat et la gestion du bâtiment, de ses équipements et activités. Nous sommes tous bénévoles.

L’achat du lieu a été possible grâce à de nombreux dons mais surtout prêts de particuliers (c’est à dire sans l’intermédiaire des banques). Désormais, il nous faut rembourser mensuellement une partie de ces prêts. Cela est possible grâce aux fonds propres que l’on reçoit lors des résidences et événements, et par les différentes cotisations. Ca tient la route mais chaque mois la participation du public et des artistes est indispensable pour cet équilibre se maintienne. On y croit. Ca fait 4 ans que ça marche.

Le modèle que l’on a élaboré est celui de la propriété d’usage. Les statuts de l’association propriétaire sont tels qu’il est impossible de revendre le lieu (seulement de le céder à une autre entité aux mêmes finalités sociales / culturelles), et qu’aucun membre de l’association n’a de « part » de propriétés (pour éviter les conflits d’intérêts personnels). Par ce modèle juridique, on entend, à notre échelle, lutter contre la spéculation immobilière et la gentrification qui gagne Marseille et L’Estaque.

Les résidences (hébergement, mise à disposition des espaces artistiques de travail), événements et repas sont tous proposés à prix libre. Le bar est à prix fixe afin de pouvoir proposer des boissons de producteurs locaux et / ou bio.